Archive for the ‘Violence symbolique’ Category

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Le rêve américain, dissonance cognitive et violence symbolique

19 août 2010

le rêve américain, dissonance cognitive et violence symbolique

« En Amérique, tout est possible ! A condition de travailler dur, tout le monde a sa chance… » Une étude de l’OCDE a montré que cette croyance est infondée. Aux USA, l’ascenseur social fonctionne mal. Ceux qui naissent pauvres ont toutes les chances de le rester. La méritocratie à l’américaine est un mythe. Le corollaire de cette croyance collective, c’est que si vous échouez, si vous restez pauvre, c’est de votre faute !!!!

Un cas flagrant de dissonance cognitive :

L’attachement d’un individu à un groupe est d’autant plus fort que le processus d’intégration a été difficile et humiliant. Les Américains sont les descendants d’immigrants qui ont tout abandonné derrière eux pour suivre leur rêve de faire fortune.

La traversée de l’Atlantique a été coûteuse, longue et dangereuse… Une fois sur place, même si la réalité était décevante, ils ont préféré s’accrocher à leur rêve. C’est de la dissonance cognitive transmise de génération en génération.

C’est aussi une violence symbolique

Celui qui subit la violence symbolique adopte la mentalité de ceux qui le dominent. Autrement dit, celui qui est pauvre aux USA s’enfonce dans une représentation très négative de lui-même, qui sera elle-même génératrice d’échec et de misère.

Les médias américains ne sont pas en reste : évoquant constamment les success stories, ils transforment des exceptions en norme. Ils exercent une influence fondatrice en renforçant les croyances collectives qui soudent les relations sociales. Et voilà comment on transforme un mythe en réalité !

Pour en savoir plus sur l’étude de l’OCDE
Lire aussi:
Sur la dissonance cognitive:
Influence et dissonance cognitive, comment ça marche ?
Sur la violence symbolique:
La violence symbolique, qu’est-ce que c’est ?
Sur l’influence exercée par le renforcement des croyances collectives:
Le mécanisme de l’influence (3/4): les croyances collectives

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La violence symbolique, qu’est-ce que c’est ?

17 août 2010

La violence symbolique est une domination sociale

C’est un processus de soumission par lequel les dominés perçoivent la hiérarchie sociale comme légitime et naturelle. Les dominés intègrent la vision que les dominants ont du monde. Ce qui les conduit à se faire d’eux-mêmes une représentation négative. La violence symbolique est source chez les dominés d’un sentiment d’infériorité ou d’insignifiance.

  • Les dominants assignent aux dominés un statut d’infériorité.
  • Ce statut engendre des situations dévalorisantes pour les dominés
  • Les dominés éprouvent un sentiment d’infériorité ou d’insignifiance
  • – ils sont soit invisibles (ils exercent des métiers auxquels peu de gens prêtent attention par exemple)
    – soit stigmatisés. (Bourdieu les qualifient d’êtres perçus, alors que les dominants sont ceux qui perçoivent…)

  • Ces réalités sociales confirment les représentations mentales
    que les dominants se font des dominés
  • Si bien que la hiérarchie sociale apparaît « logique » aux yeux de tous.

Les dominants ont le pouvoir d’imposer leur propre vision comme objective et collective. Si bien que les dominés ne disposent pas d’autres modes de pensée que celui des dominants ; ils ne peuvent donc pas échapper à la violence symbolique. Tout se fait de façon implicite et non consciente. Cela rend toute contestation ou toute révolte extrêmement difficile.

La violence symbolique, influence ou manipulation ?

La violence symbolique n’est ni un processus d’influence, ni une vaste manipulation. C’est une croyance collective qui permet de maintenir les hiérarchies. Elle a pour effet la soumission des dominés sans que les dominants aient besoin d’avoir recours à la force.
La violence symbolique consacre l’ordre établi comme légitime. Elle dissimule de ce fait, les rapports de force qui sous-tendent la hiérarchie sociale. Elle sert à pacifier les relations au sein de la structure sociale.

Finalement, la violence symbolique, ça a du bon ou pas ?

Un monde sans violence symbolique est un monde où les rapports de force sont visibles et donc brutaux : soit c’est la guerre civile, soit c’est la dictature. Dans le monde de l’entreprise, c’est la culture d’entreprise qui fait office de violence symbolique. Et lorsqu’elle n’est pas assez forte pour donner une légitimité au « leadership » des managers, c’est à ce moment-là que les conflits ouverts et parfois violents font leur apparition. Lorsque le patron tape du poing sur la table et dit : « c’est moi qui commande ! », il a déjà tout perdu….

La théorie générale de la violence symbolique a été développée à partir des années 70 par Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron.
A lire absolument : La domination masculine aux Editions du Seuil
Un exemple de violence symbolique:
Le rêve américain, dissonance cognitive et violence symbolique

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