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Anti-OGM, un nouveau contre-pouvoir est né !

2 octobre 2012

Photo des rats atteints de tumeurs énormes, expérience sur les OGM
Le 20 septembre dernier, une étude choc sur la toxicité des OGM est parue dans le magazine Le Nouvel Observateur. Pour la première fois, un média grand public et influent publie des photos qui marqueront l’opinion publique pour longtemps… C’est le signe d’un changement profond…

L’influence des anti-OGM grandit !

Malgré la contre-offensive médiatique (1) qui vise à dé-légitimer cette étude, le coup porté est irréversible. Voici pourquoi:

  1. Parce que les photos horribles qui ont été publiées ont un impact émotionnel très fort. Elles marquent le public pour longtemps.
  2. Parce que la nouvelle a été publiée dans un magazine grand public réputé sérieux et donc influent, avec un titre à sensation: « EXCLUSIF. Oui, les OGM sont des poisons ! » qui ne laisse aucune place au doute.
  3. Parce que les résultats de cette étude concordent avec l’intuition commune sur un fond de méfiance collective qui s’est construit sur les différents scandales sanitaires du passé (2).

La bataille de l’opinion est gagnée !

Les photos ont été reprises par tous les médias. Monsanto peut financer toutes les contre-expertises qu’il voudra, il peut aussi donner tous les contre-arguments scientifiques possibles. Ceux-ci n’auront jamais autant d’impact que cette étude et ses photos.

Dessin faisant allusion à la sorcière qui vend une pomme empoisonnée à Blanche-Neige

Une première bataille est gagnée, celle de l’opinion. Désormais, la méfiance cède la place à une franche hostilité.

C’est le signe d’une révolution silencieuse irréversible

Cette étude n’est pas le fruit du hasard. Elle est l’aboutissement d’une évolution profonde: l’émergence d’une expertise scientifique indépendante qui constitue désormais un contre-pouvoir salutaire et très influent face aux lobbys industriels.

  1. Une expertise citoyenne a émergé. Elle a désormais les armes scientifiques lui permettant de contrer les arguments fallacieux des lobbys (études biaisées, falsifiées ou tronquées) et de mener des études vraiment indépendantes face aux experts officiels des autorités publiques sanitaires trop complaisants avec l’industrie (nombreux conflits d’intérêt).
  2. Les mouvements anti-OGM pratiquent la communication d’influence pour sensibiliser l’opinion, à l’instar de Greenpeace dont les campagnes-choc sont un cauchemar pour les marques mondiales (finalement pas aussi puissantes qu’on ne le croit…)
  3. Les mouvements anti-OGM ont dépassé la naïveté de leurs débuts et gagné en maturité. Ils ont en effet su mener cette étude dans le secret en cryptant leurs e-mails afin d’empêcher Monsanto de créer des incidents qui auraient fait échouer l’étude. Ce n’est pas de la paranoïa: ils ont vraiment pris la mesure de ce qu’est Monsanto.
  4. Une prise de conscience mondiale est en train d’émerger, lentement mais surement. Le public est mieux informé, donc plus méfiant, notamment grâce à Internet. C’est une tendance de fond contre laquelle les systèmes d’influence ne peuvent rien.
  5. Ce qui est remarquable, c’est que cette tendance de fond ne provient pas d’un mouvement organisé ou coordonné. Elle n’est basée sur aucune idéologie. C’est un mouvement chaotique et difficile à décrypter, très déstabilisant pour ces industries habituées aux théories classiques de l’influence (détecter les leaders d’opinion, les influenceurs etc…) qui sont devenues inopérantes dans ces situations inédites.
  6. Les médias grand public peuvent désormais s’appuyer sur cette expertise. Leur attitude change. Auparavant, une étude de ce type aurait été publiée avec des précautions. Son aspect controversé et polémique aurait été mis en avant. Et ils auraient évité un titre choc.

L’émergence d’une nouvelle expertise scientifique indépendante est à mon avis un évènement capital. A l’instar de l’alphabétisation de masse et d’Internet, c’est une révolution silencieuse.

Plutôt que de passer son temps à pester contre un système dévoyé et corrompu, les militants de la nouvelle génération prennent les choses en main.

Les petits poissons peuvent devenir plus forts que les gros

Ils produisent des études faites selon les protocoles scientifiques requis. Ce faisant, ils acquièrent une expertise scientifique de grande valeur et sont en train d’émerger en tant que contre-pouvoir face à des entreprises telles que Monsanto, sans foi ni loi, sans scrupule et sans éthique.

Désormais, les sociétés qui basent leur stratégie sur le déficit cognitif des consommateurs ont du souci à se faire.

Pour en savoir plus:
Corinne Lepage et Eric Séralini dénoncent la passivité des agences publiques et soupçonnent des conflits d’intérêts, voire de la corruption.
Lepage :Tout est organisé pour qu'il n'y ait… par LeNouvelObservateur
OGM : vers une alerte mondiale ? par LeNouvelObservateur
Article du Nouvel Observateur
Polémique sur les OGM : « Personne n’ose se confronter aux lobbys »
Article paru sur Médiapart
Le journal du Siècle
Le Monde
Le Figaro
20 Minutes
L’incontournable documentaire « Le monde selon Monsanto »

(1) La contre-offensive médiatique a commencé le jour de la parution de l’étude. Voici quelques articles:
Science&Avenir
Le Monde
Le JDD

(2) Les expériences pathétiques du passé ont laissé des traces dans la mémoire collective, comme par exemple, le scandale de la vache folle, où certains avaient fait croire que les vaches pouvaient manger de la viande… On se souvient aussi du poulet aux hormones, des antibiotiques contenus dans la viande, des paysans obligés de mettre des scaphandres de protection pour verser des produits chimiques sur leur culture, des perturbateurs endocriniens contenus dans les emballages alimentaires, etc…

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18 commentaires

  1. Excellent papier Bénédicte, Félicitations et amitiés.


  2. Bon papier, on aimerait y croire mais on se dit que c’est un chouilla optimiste. J’ai vu passer un paquet d’articles avec l’EFSA démolissant l’étude de Séralini. C’est connu que l’EFSA est noyauté par les multinationales mais le grand public le sait-il? Et puis c’est pas le grand public qui décide.
    Bon, en tous cas, c’est vrai que c’est un coup dur pour Monsanto et que ça attire l’attention sur la manière dont les OGM sont validés par l’EFSA.
    Mais en attendant, l’OGM en question est toujours légalisé et peut-être en train de tuer des gens.
    Je rappelle aussi que le tabac tue toujours autant alors qu’on en a vu passer des tonnes de photos choc.


    • La communication d’influence joue un role non négligeable sur l’opinion publique.
      De ce point de vue, l’étude de Séralini est une réussite indéniable et un coup dur pour Monsanto,
      et laissera des traces dans l’opinion publique.
      Il a d’ailleurs riposté à ces critiques.
      Réponse de Séralini

      La réaction de l’EFSA était attendue puisque cette étude la met en cause indirectement.
      Effectivement c’est pas le grand public qui décide et c’est pour cette raison que les militants (de la cause écologique en l’occurrence) constituent désormais un contre-pouvoir de plus en plus puissant et influent dans les médias. Les décideurs politiques et les autorités administratives ne peuvent plus faire leur petite cuisine tranquillement sans que cela ne soit dénoncé dans les médias grand public et que leur image ne soit ternie. C’est quand même une bonne nouvelle, vous ne trouvez pas ?

      Votre comparaison avec le tabac ne tient pas car la consommation d’OGM n’est pas addictive.

      Oui, je suis un chouilla optimiste !
      Et voici qui confirme mon optimisme sur un basculement de tendances:
      Monsanto annonce un résultat en baisse (baisse de ses ventes au dernier trimestre !)


      • Je suis bien de ton avis Bénédicte, car de plus, Monsanto est de plus en plus face aux refus des états, de plus en plus face à des procès que cette compagnie commence à perdre plus souvent. Le cycle inversant la tendance est lancé et ne saurait s’arrêter. Et la situation économique des US qui est en train de sombrer leur portera aussi un coup. L’espoir est donc là.
        Quand à l’EFSA tout le monde sait que la CEE est noyautée par les Lobbies, tout le monde sait aujourd’hui que les centres de Recherche doivent aussi réaliser 80% de Chiffre d’Affaire pour fonctionner avec ce que cela entraîne de dépendance. Peu à peu monte l’opposition à ce système par le biais de ce que j’appelle la « Civilisation neuronale » qui est portée par cette multiplicité des échanges des réseaux sociaux et par la mutualisation des sources d’information qui ne sont plus réservées aux élites. Leur champ « privé » s’est étroitisé. Le changement est bel et bien en route mais pas comme les politiques le concevaient.
        L’étude de Gilles Séralini est donc une première et d’une importance première !


      • Oui, c’est bien ce que j’observe…
        Je retiens ton expression « Civilisation neuronale »


  3. Du nouveau dans la bataille autour de cette étude: le Haut Conseil des Biotechnologies vient de désavouer Séralini et précise bien qu’elle ne remet pas en cause les études précédentes sur cet OGM.
    Ce sera moins facile à dézinguer que l’EFSA au niveau de l’opinion publique.


  4. Je ne suis pas particulièrement pro-OGM et j’apprécie votre travail. Mais j’ai peur que cet alléluia ne soit prématuré et qu’une fois les failles de l’étude révélées cela produise le résultat médiatique opposé:
    -La souche Sprague-Dawley utilisée fait déjà des tumeurs « naturelles » dans 81% des cas
    -Statistiquement, la probabilité que le résultat soit significatif est trop faible
    -l’organisation médiatique rend la démarche suspecte
    Bref, je demeure très circonspect quand un résultat scientifique (par nature toujours spéculatif) est promu médiatiquement avant d’être débattu, les manips refaites et vérifiées, c’est à dire le b-a ba du métier..


    • Mon propos ne porte pas sur l’étude elle-même mais sur son impact.
      Quant aux critiques sur cette étude, leur impact sur le public est quasiment nul.

      Enfin, ce qui est considéré comme des failles sont des méthodes et protocoles aussi utilisés par Monsanto dans les tests d’homologation qui ont permis d’obtenir la mise sur le marché.
      Donc si ces protocoles sont invalides, pourquoi ont-ils permis la mise sur le marché ?

      Donc Monsanto et ses lobbyistes sont piégés.
      C’est pourquoi, je trouve que cette étude marque un tournant véritable.


      • Alors, s’il s’agit de l’étude comparée de plusieurs manipulations..Pas de problème. Malheureusement la science en est la victime collatérale..


      • Oui c’est vrai.
        Disons que la science (au sens où vous l’entendez) est déjà victime de ce système d’influence tout entier.
        Quand les choses apparaissent au grand jour, aux yeux du public, alors on peut penser que les scientifiques intègres en prennent pour leur grade.
        C’est pourquoi je pense que l’apparition d’une expertise citoyenne est la solution.
        Il y aura des scientifiques qui travailleront pour l’industrie et d’autres qui travailleront pour des associations qui se préoccupent avant tout de la santé des citoyens et de l’environnement (les deux choses étant liées).
        Le tournant que je constate, c’est qu’enfin, l’expertise citoyenne peut réunir des moyens suffisants face aux moyens financiers colossaux de l’industrie. Et vraiment, c’est l’émergence d’un processus tout nouveau, c’est peut-être même une révolution silencieuse !


      • « Quant aux critiques sur cette étude, leur impact sur le public est quasiment nul. »

        Bénédicte, avez-vous des informations qui étayent cette affirmation? Cela m’étonne quelque peu, surtout de manière aussi affirmative. Quand je vois passer toute cette propagande anti-Séralini sur les médias mainstream, j’ai du mal à croire que cela n’a aucun impact. Et je trouve que vous ne m’avez toujours pas répondu de manière très argumentée, mis à part:
        1. « je suis optimiste »
        2. « les ventes de monsanto baissent ce dernier trimestre » (ce serait pas plutôt dû à une grave crise mondiale et d’ailleurs peut-être ponctuel?)
        Je constate que cette étude est un coup dur pour Monsanto, mais je ne constate pas l’inocuité de la propagande anti-Séralini.

        Au passage, je vous signale que la partie banque de PSA est en train d’être sauvée par l’Etat. Vous nous disiez que ces groupes industriels remplaceraient les banques traditionnelles… C’est mal parti. On constate plutôt leur fragilité.


      • Oui, l’impact sur le public est en effet quasiment nul, car ils n’ont pas d’image aussi traumatisante que ces rats atteints de tumeurs.
        Deuxième raison, M. Séralini répond aux attaques, et il mouche ses interlocuteurs à chaque fois.
        La propagande anti-Séralini a un impact mais comparé à celui de son étude, c’est très faible.
        Les images ont plus de force qu’un argument perçu comme compliqué, surtout si celui-ci est contré par M. Séralini…
        Les images nous touchent directement à l’émotion et notre inconscient fonctionne en binaire: j’aime, j’aime pas, le gentil, le méchant…
        C’est de l’émotion pure.
        Comment voulez-vous que des gens, soi-disant scientifiques, sur qui le discrédit est jeté par cette étude et aussi par les demandes faites par M. Séralini (divulgation des données de Monsanto, restées secrètes…) puissent convaincre le public ?
        Sans confiance, il n’y a pas d’influence possible.
        Et l’image de Monsanto, déjà avant cette étude, était très mauvaise dans le public.
        Cette étude ne fait que confirmer, dans l’esprit du public, la méfiance naturelle qu’il éprouve face aux OGM.
        Comment voulez-vous qu’une société qui garde secrets les résultats de ses études puisse inspirer confiance ?

        La situation est simple:
        D’un côté vous avez une étude avec des images émotionnellement très fortes.
        Un scientifique qui réfute une par une toutes les critiques et qui fait des demandes très embarrassantes pour Monsanto…
        D’un autre, des critiques, mais sans image et qui viennent de la part de personnes dont le public se méfie…

        Il est clair que le jeu n’est pas égal !

        Maintenant, venons-en à PSA: PSA ne va pas bien. Dans mon article, je parlais des multinationales industrielles qui vont bien et dont les excédents de trésorerie sont énormes. Je ne parlais pas des multinationales en déroute. Il est clair que celles-ci ne sont pas en mesure de prendre du pouvoir sur qui que ce soit…
        Je parlais des multinationales qui vont bien et qui voient leurs réserves mises en danger par des banques en faillite. Dans ce cas, PSA n’est pas mis en danger par une faillite bancaire, il est mis en danger par la situation de ses ventes de voitures qui n’est pas au beau fixe.


      • Concernant les OGM, ok. Espérons que vous avez raison.

        Concernant les multinationales, je ne vois pas pourquoi vous comparez les « bonnes » multinationales avec les « mauvaises » banques. Il y a aussi des banques qui font beaucoup d’argent à l’heure actuelle, du moins si l’on en croit leurs comptes et ce qu’elles versent à leurs actionnaires. D’autre part, les multinationales sont tout autant dépendantes que les banques, sinon plus, de la bonne marche de l’économie. Si la dépression économique actuelle se durcit, beaucoup qui se portent bien aujourd’hui ne tarderont pas à tomber comme des mouches. Elles ont peut-être de la trésorerie mais elles ont aussi beaucoup de frais de maintenance de leur outil productif et en cas de ventes décevantes, couic ça va très vite pour elles. Les banques n’ont pas ce problème et ont de plus accès aux dépôts des épargnants. La finance peut ainsi être en difficulté alors que l’économie réelle tourne relativement bien et inversement.


      • Il y a simplement des multinationales bancaires/non bancaires qui ont de bons business models / ou non…

        Quant aux banques qui font beaucoup d’argent, voici un lien qui pourrait vous intéresser

        http://www.atlantico.fr/decryptage/comment-banques-manipulent-resultats-gommer-dette-bilans-societe-generale-natixis-credit-agricole-philippe-herlin-218

        et aussi ceci:
        http://www.atlantico.fr/decryptage/gangrene-banques-monde-entier-sont-contaminees-dettes-pourries-vincent-benard-403163.html

        La situation des grandes sociétés industrielles est meilleure que celle des banques en général, parce qu’il leur suffit de quelques semaines pour fermer une usine dans un pays en en rouvrir une autre là où c’est plus rentable.
        Par ailleurs, la crise est telle que les tensions géopolitiques risquent de croître, ce qui fournira des perspectives économiques pour le complexe militaro-industriel et quelques autres activités.


  5. Les cotons OGM produits en Inde, montrés comme une réussite, recommencent à être attaqués par les vermines, apportant une preuve de plus, s’il était encore besoin de le faire, du phénomène universel de résistance aux agressions des organismes vivants, invalidant les stratégies OGM produisant des insecticides ou autres -icides. On le savait déjà avec le DDT et les sauterelles depuis très longtemps, voilà de quoi nous rafraichir la mémoire.

    Par contre, la stratégie OGM mise en place pour lutter contre le court noué de la vigne qui consiste à accroître la résistance de la vigne à cette maladie me semble défendable.



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