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Influence des banques: l’effondrement (2/3)

8 août 2012

Le naufrage de l'économie financiarisée

Dans l’article Les vraies causes de la Révolution de 1789, nous observons que la Révolution de 1789 est l’oeuvre de ceux qui détenaient le pouvoir réel.

Dans l’article Une Révolution analogue à celle de 1789 va-t-elle se produire ? (1/3), je cherche à savoir qui a le pouvoir réel aujourd’hui. Il s’avère que les multinationales non bancaires, les conglomérats de la technologie sont les grands vainqueurs de l’Histoire.

Et les banques ? Contrairement à ce que croit l’opinion publique, les banques ont perdu une grande partie de leur pouvoir réel.

Les banques n’ont plus d’influence, ni de pouvoir

Reprenons la grille de lecture développée dans ce blog. Le pouvoir réel a 3 sources: le capital, une expertise rare et recherchée et un pouvoir d’influence.

  • Le capital des banques ? Elles sont en quasi faillite

    De combien de milliards les banques doivent-elles être renflouées par les états ? Cela se compte en centaines de milliards. Chaque mois, les sommes augmentent…

  • Leur expertise ? Elle est ouvertement contestée…

    Elles ont des pris des risques inconsidérés alors que le calcul du risque et le contrôle sont censés être les fondements de leur expertise…

    Quand le dirigeant de JP Morgan apprend par les journaux que sa banque a perdu plusieurs milliards de dollars, on est en droit de douter de ses compétences.

    Quand la Société Générale prétend que le trader Jérôme Kerviel a déjoué les mécanismes d’alertes sur des positions de 50 milliards d’Euros, on s’interroge, sinon sur les compétences de la banque, tout au moins sur ses pratiques managériales et sa culture d’entreprise.

    Et quand elles sont compétentes, elles sont malhonnêtes : c’est le cas de Goldman Sachs, qui a abusé de la confiance de ses clients en leur vendant des produits dont elle savait pertinemment qu’ils ne valaient rien.

    Pire encore, les banques sont devenues folles lorsqu’elles ont fait des paris sur la faillite du système. Je vous invite à suivre le blog de Paul Jorion pour plus de détails.

  • Leur pouvoir d’influence ? Elle n’ont plus ni la confiance ni l’autorité…

    Les banques n’ont plus la confiance des investisseurs et des épargnants. Leur image auprès du public est déplorable. On les appelle les « banksters ». Pire encore, les banques ne se font plus confiance entre elles. Elles sont discréditées. De ce fait elles n’ont plus d’autorité c’est-à-dire le droit d’être écoutées.

    Pour aller plus loin dans votre réflexion, vous pouvez lire les articles sur les éléments-clés de l’influence, la confiance et l’autorité

Sans la confiance et sans autorité symbolique, elles n’ont plus d’influence. Sans pouvoir financier et sans expertise reconnue, les banques n’ont plus aucun pouvoir réel.

Dessin humoristique: "on sauvera les banques qui ont sauvé les banques espagnoles plus tard !"

Si elles n’ont plus de pouvoir, comment se fait-il que les dirigeants politiques les protègent et les renflouent ? C’est parce qu’ils n’ont pas encore trouvé le moyen de se passer d’elles. Mais certains, déjà, y réfléchissent…

Le chantage va-t-il encore durer longtemps ?

Le fait que les autorités politiques couvrent les banques ne signifie pas que ces dernières dirigent le monde. Cela révèle simplement qu’elles disposent d’un moyen de pression sur les dirigeants politiques, mais pour combien de temps encore ?

  • Les dirigeants politiques couvrent les banques

    François Leclerc, auteur de l’ouvrage « La grande perdition », écrit dans le blog de Paul Jorion : « Les banques se comportent comme des voyous, les régulateurs qui les surveillent regardent de l’autre côté et les autorités politiques les couvrent. Établir la liste des affaires qui viennent d’émerger sans en oublier devient ardu. […] Il est dans ces conditions difficile de parler de conduites isolées et de se contenter d’épingler des seconds couteaux. »

  • Des liens très resserrés avec la classe politique :

    En Europe et aux Etats-Unis, les dirigeants bancaires occupent des postes importants dans les gouvernements ou cabinets ministériels.

    En 2009, le lobbying bancaire a été si puissant qu’elles ont pu torpiller les réformes du système bancaire.

    L’affaire du Libor dévoile les liens très étroits entre les dirigeants politiques et bancaires en Grande Bretagne et aux USA.

    Et d’après Pierre Larrouturou, économiste, Michel Pébereau, le dirigeant de BNP Paribas était le seul que l’ancien Président français Nicolas Sarkozy écoutait (Il reprend le témoignage d’Henri Guaino). Cela me rappelle le temps où Necker, banquier genevois était ministre des finances du roi Louis XVI…

  • Quand les banques en savent trop…

    Les paradis fiscaux et le shadow banking permettent d’échapper au contrôle des états et aux obligations de transparence démocratique : commissions occultes, rémunérations des politiciens par les lobbies, revolving doors, transactions secrètes avec certains états…

    Bref, les banques savent tout, puisque c’est par leur entremise que toutes ces transactions se font. On comprend mieux pourquoi les politiciens les couvrent…

    Juste un exemple (parmi d’autres…) de montages frauduleux qui nécessitent des complicités bancaires, l’affaire Bettencourt

Bientôt, la guerre des oligarchies

Les politiciens ne pourront pas les protéger très longtemps car ils subiront les pressions conjointes :

  • des super riches soucieux de sécuriser leurs avoirs
  • des grandes firmes soucieuses de préserver leurs excédents de trésorerie
  • du peuple qui refusera de se sacrifier pour les renflouer.

Autrement dit, les banques, dépourvues de leur pouvoir d’influence, ne seront plus en mesure d’imposer leurs vues.

Un schéma identique à la révolution de 1789

La logique néo-libérale mise en place dès les années 70 a conduit à une économie basée sur le crédit (voir l’article précédent). Cela a détruit les banques (leur pouvoir réel et leur légitimité aux yeux du public) mais cela a permis aux multinationales non bancaires d’acquérir des pouvoirs informels (accumulation de capitaux et construction d’une expertise technologique très avancée).

Dans la configuration qui se dessine, les banques sont les nobles de la fin du 18e siècle : détestées, dé-crédibilisées, et en quasi faillite, elles sont le bouc émissaire idéal. Les géants de la technologie sont la bourgeoisie (la classe montante) du 18e siècle: riches et incontournables, le nouveau pouvoir informel.

Dans le prochain article, nous examinerons ce nouveau pouvoir informel de plus près et nous verrons comment il va éliminer les banques.

Pour une réflexion complémentaire, je vous invite à lire aussi: Influence et pouvoir, la bombe humaine.

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3 commentaires

  1. Bonsoir Bénédicte,
    Me revoilà donc sur tes pages, que j’avais ratées ces derniers temps à cause d’un clic égaré.
    Je lis très attentivement les avis de gens plus compétents que moi en matière d’économie sur http://www.leap2020.eu/ le 16 de chaque mois,mais je crains que ce soit compromis pour ce mois-ci, période estivale oblige.


  2. […] sur les luttes d'influence et les rapports de force sur le Web et ailleurs « Influence des banques: l’effondrement (2/3) La guerre des oligarchies (3/3) 18 Août […]


  3. […] aux banques, même si leur influence est en perte de vitesse (voir l’article Influence des banques: l’effondrement) elles ont réussi à torpiller toutes les tentatives de réformes du secteur bancaire alors même […]



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