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Une révolution analogue à celle de 1789 va-t-elle avoir lieu ? (1/3)

28 juillet 2012

Boule de cristal

Pour répondre à cette question, faisons d’abord l’état des lieux de la situation économique et des rapports de force géopolitiques et économiques.

Les 30 glorieuses sont le fruit d’un rapport de force

A la fin de la guerre, les Etats-Unis mettaient en place un plan Marshall pour relancer les économies dévastées de l’Europe de l’Ouest. Des politiques keynésiennes de redistribution des revenus étaient décidées. Ce n’est ni par bonté ni par sagesse. C’est le fruit d’un simple rapport de force. Les capitalistes occidentaux craignaient en effet que l’Europe de l’Ouest ne tombât dans la sphère d’influence soviétique. Sachant que la misère conduirait inévitablement à une victoire électorale des communistes, ils se sont efforcés de créer les conditions d’une prospérité durable.

Dans les années 70, le rapport de force change…

L’arrivée de l’informatique dans les entreprises a permis des gains de productivité. Lorsque les baby-boomers arrivaient sur le marché du travail, les capacités d’absorption de l’économie ayant diminué, le chômage de masse a fait son apparition. De plus, l’économie soviétique montrait une certaine inefficience qui laissait espérer aux anticommunistes la possibilité d’une victoire définitive.

Dessin montrant les robots en train d'éjecter les ouvriers

C’est à ce moment-là que l’idéologie néolibérale a émergé, se présentant comme LA solution au problème du chômage. Ils ont promis de redynamiser l’économie en la libérant des carcans qui, selon eux, l’étouffaient. C’est ainsi que la dérèglementation financière apparut. Puis les Etats-Unis ont imposé à tous les autres états la libre circulation des capitaux, conduisant à la concurrence fiscale entre les états, à tel point que certains d’entre eux se transformèrent en paradis fiscaux.
Pour une réflexion complémentaire sur cette bataille idéologique, je vous invite à lire Une manipulation réussie: le libre-échange

La mise en concurrence des salariés du monde entier a provoqué la stagnation des salaires dans les pays développés. Pour que l’économie continue à croître, il fallait que leur consommation continue d’augmenter. Or leurs salaires stagnaient. Seule solution : les inciter à recourir à l’emprunt bancaire. Les banques y virent une source supplémentaire de revenus.

Un bilan économique désastreux

Les multinationales non bancaires furent les premières bénéficiaires de ce système, avec des clients qui s’endettaient pour leur acheter leurs produits, une masse salariale stagnante et une accumulation exponentielle de profits échappant à toute redistribution par l’impôt (paradis fiscaux).

Affaiblissement des états et paupérisation des populations : les états qui ne pouvaient pas se transformer en paradis fiscaux furent obligés d’emprunter auprès des marchés financiers à des taux de plus en plus usuraires et diminuer progressivement leurs actions visant à la protection sociale.

Les banques prêtaient à des entités qui devenaient de plus en plus insolvables pour que les multinationales non bancaires puissent continuer à profiter du système et placer auprès des institutions financières leurs énormes excédents. A cela s’ajoutent les folies de la finance spéculative, les produits dérivés extrêmement dangereux et le risque systémique qui s’ensuivit.

Naufrage du titanic, canoës de sauvetage

Evidemment, cela ne pouvait pas durer : il est arrivé un moment où le client (consommateur ou état) surendetté ne pouvait plus rembourser ses dettes et ne pouvait plus consommer.

Il est incontestable qu’aujourd’hui les banques sont en graves difficultés et qu’elles font tout pour que cet état de quasi faillite soit dissimulé (on change les normes comptables, on organise des stress tests complètement bidons, etc…) et les états venus à leur rescousse, se noient dans la spirale de l’endettement. Si les états font défaut, c’est la fin.

Et la révolution alors ?

Nous avons vu dans Les vraies causes de la Révolution de 1789 que les détenteurs du pouvoir réel ont déclenché la Révolution de 1789 parce que leur pouvoir était menacé par la crise et par la nécessité de réformer un système qui leur avait largement profité. Aujourd’hui, qui sont les détenteurs du pouvoir réel ?

Contrairement au pouvoir officiel, le pouvoir informel est exercé de facto et s’impose de lui-même sans rituel particulier. Le pouvoir a 3 sources : le capital, une expertise rare et recherchée, et l’influence.
Vous pouvez aussi lire l’article: Influence et pouvoir, la bombe humaine

Aujourd’hui les détenteurs du pouvoir réel sont les multinationales non bancaires. Leur pouvoir a pour source l’expertise technologique qu’elles développent et dont les états ont besoin pour assurer une domination géopolitique. Quant au pouvoir des banques, il n’est plus ce qu’il était.

Dans l’article prochain, j’aborderai plus en profondeur le pouvoir des banques qui n’est qu’une illusion. Puis dans un 3e article, je me pencherai sur le pouvoir informel des consortiums technologiques.

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5 commentaires

  1. Toujours aussi brillant…Pensez vous que nous allons passer d’un bipartisme droite gauche vers un bipartisme transhumanisme (techno) contre ecologisme neoluddiste, avec google, apple, microsoft, monsanto & al aux commandes de la révolution? Amusant. Vous avez choisi votre camp?

    bien à vous.


    • je choisis le camp de l’éthique.
      Je me méfie beaucoup des apprentis sorciers qui croient tout savoir, tout maîtriser et qui in fine ne créent que des catastrophes.
      malheureusement, les technos (multinationales dotées d’une expertise technologique) mènent le jeu.
      La faillite bancaire sera pour elles un prétexte pour prendre le pouvoir politique en se faisant passer pour les sauveurs du système.
      Les épargnants et tous ceux qui auront eu peur de perdre leur argent leur mangeront dans la main.
      Elles auront donc acquis (en plus du pouvoir réel) la légitimité qui leur manque jusqu’à présent.
      Comme la bourgeoisie du 18e siècle.
      Quant aux écolos, ils sont déjà en résistance. Et l’enjeu de la bataille de la légitimité sera justement l’expertise.
      Expertise citoyenne (les gens s’organisent, partagent les informations…) VS expertise des grands groupes.
      Mais cette bataille-là prendra son ampleur après la faillite bancaire et le sauvetage du système par les multinationales.

      Evidemment, je ne suis sûre de rien. C’est mon intuition, appuyée par la lecture que j’ai faite d’Alexis de Tocqueville


      • Plausible. Mais je ne vois pas bien où est le camp de l’éthique..Ni d’un côté ni de l’autre…
        L’hypothèse du sauvetage par les multinationales relèvent plus que de l’intuition. Il y a des indices qui trainent deci delà.
        Si on poursuit votre raisonnement, il ne va pas faire bon être de l’ancien clergé dans le futur..
        Je parie plutôt côté technos. Parce que quand on nous proposera, comme le fit la bourgeoisie, la satisfaction de nos bas instincts même virtuels, l’attraction sera infinie pour la plupart


  2. […] sur les luttes d'influence et les rapports de force sur le Web et ailleurs « Une révolution analogue à celle de 1789 va-t-elle avoir lieu ? (1/3) Influence des banques: l’effondrement (2/3) 8 Août […]


  3. […] montée en puissance des nouveaux géants C’est la même logique néolibérale qui a favorisé la montée en puissance des multinationales non bancaires, qui a détruit les […]



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