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Les vraies causes de la Révolution de 1789

18 juin 2012

Tableau de Meissonier représentant deux bourgeois jouant aux échecs

La Révolution de 1789 fut une guerre civile entre nantis. Oubliez les discours officiels inventés par Michelet qui ne sont qu’une fable destinée à donner de la légitimité à une réalité beaucoup moins glorieuse.

Rivalité entre les Rois et la noblesse

Les Rois de France se méfiaient des familles puissantes de la noblesse, leurs anciens rivaux. Ils ont donc, au fil des siècles, attribué de plus en plus de prérogatives aux roturiers, dont ils espéraient une loyauté à toute épreuve.

A mesure que la bourgeoisie montait en puissance, l’aristocratie perdait ses pouvoirs. A la Cour de Versailles, les apparences étaient trompeuses. Le Roi maintenait auprès de lui les nobles puissants et riches afin de les neutraliser politiquement. Mais le pouvoir réel était ailleurs…

Déclin progressif de la noblesse

Au Moyen-Age, les nobles participaient pleinement à la vie politique, judiciaire, militaire et administrative de leurs fiefs. Ils rendaient justice, ils dirigeaient l’administration, appliquaient les lois, levaient les impôts etc…

Au 18e siècle, toutes ces fonctions dépendaient directement du Roi et de son administration centrale, dirigée par le Conseil du Roi, les contrôleurs généraux et 34 intendants, tous roturiers. Ils détenaient la réalité du pouvoir : ils décidaient du montant des impôts, la répartition, le recrutement dans l’armée, la construction des routes, la surveillance des réunions, la définition des normes, la répartition des œuvres de charité. Rien ne leur échappait : l’administration des villes et de toutes les paroisses.

Montée en puissance de la bourgeoisie

Les 20 années qui ont précédé la Révolution étaient les plus prospères que le Royaume eût jamais connues. La société se transformait, des idées nouvelles circulaient, des inventions scientifiques et des initiatives de toutes sortes voyaient le jour. Mais le dynamisme économique ne profitait qu’à la bourgeoisie.

Alexis de Tocqueville écrit: « Les Tribunaux ou les Parlements (de Province), dès qu’ils sont confrontés à un problème qu’ils ne savent pas résoudre parce qu’il est nouveau, le laissent à l’intendant qui détient l’exercice concret et réel du pouvoir. Chaque fois qu’un changement dans la société se produit, ce changement est pour l’administration centrale une source nouvelle de pouvoir.»

La triste condition paysanne

Les paysans constituaient la classe sociale qui souffrait le plus sous l’Ancien Régime. Je n’entrerai pas dans les détails, vous pourrez lire Alexis de Tocqueville qui décrit la condition paysanne effroyable au 18e siècle et son aggravation au cours des siècles.

Ils ne savaient ni lire ni écrire. Ils n’étaient pas suffisamment instruits ni organisés pour exiger la convocation des Etats Généraux. Ils n’étaient représentés par personne. Lorsqu’ils se révoltaient, leurs tentatives étaient rapidement matées par l’armée. Ils ne sont pas les artisans de la Révolution de 1789.

Les acteurs de la Révolution de 1789

C’est bien la bourgeoisie qui exigea et obtint la convocation des Etats Généraux en 1788. Pourtant, en tant que classe montante, elle avait largement profité de l’Ancien Régime. Elle avait acquis des pouvoirs et de nombreuses exemptions d’impôts. Alors pourquoi les bourgeois se sont-ils rebellés contre le Roi ?

Parce que le Roi voulait faire des réformes. Voici ce qu’il déclarait publiquement 13 ans avant la Révolution:

« En forçant le pauvre à entretenir seul les routes, en l’obligeant à donner son temps et son travail sans salaire, on lui enlève l’unique ressource qu’il ait contre la misère et la faim pour le faire travailler au profit des riches. »

Vous avez bien lu ! Ce n’est pas le discours d’un marxiste socialiste, mais bien Louis XVI lui-même !

L’évènement déclencheur eut lieu en 1787 !

Depuis 1774, le Roi tentait vainement diverses réformes. Il avait dû notamment renoncer à l’abolition de la corvée. Mais en 1787, il réforma l’administration et la justice. Cette réforme aboutit au chaos. Les intendants déchus empêchaient, dans la pratique, les instances nouvellement créées d’exercer leurs nouveaux pouvoirs. La bourgeoisie qui détenait tous les rouages de la justice et de l’administration refusait de s’en laisser déposséder.

Le désordre administratif et judiciaire ralentissait toute l’économie, ce qui aggrava les tensions sociales, d’autant qu’en 1787 et 1788, les récoltes avaient été mauvaises. Les rentrées fiscales étaient donc menacées et l’endettement de l’Etat s’aggravait. Louis XVI n’eut pas d’autre choix que de céder aux revendications de la bourgeoisie, mais aussi à celles de la noblesse qui comptait bien en découdre.

Aujourd’hui encore nous baignons dans cette fausse idée que le peuple opprimé se serait soulevé contre les privilèges. Il serait temps de nous en affranchir et de voir en face la réalité du pouvoir… et des pouvoirs. Dans mon prochain article, j’évoquerai la façon dont la Révolution de 1789 marque encore notre imaginaire d’aujourd’hui et occulte certaines réalités.

Lire aussi:
La Révolution, c’est pour bientôt ?
Pour plus de précisions sur les événements de la Révolution, voici une vidéo très intéressante.

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50 commentaires

  1. quelles sont vos sources a part tocqueville ??


    • Je me base sur la lecture de l’ouvrage: « L’Ancien Régime et la Révolution » d’Alexis de Tocqueville
      Par ailleurs la vidéo (le lien se trouve en bas de l’article) corrobore ce que j’écris.


  2. C’est un point de vue, mais je ne crois pas que ce soit les bourgeois qui se sont lancés à l’assaut de Paris…A mon avis, comme dans tout bouleversement de l’ordre il y a eut collusion objective entre le peuple et une fraction de la bourgeoisie également exploitée. J’aimerais que vous citiez vous sources historiques.


    • « L’Ancien Régime et la Révolution » d’Alexis de Tocqueville.
      En bas de l’article, il y a un lien vers le site de l’Ina qui contient une vidéo.
      Pour les évènements de 1789, il y a Wikipédia.
      Maintenant, vous parlez des insurrections, et notamment le 14 juillet 1789.
      Mais il n’y a pas eu de combat. L’Armée Royale n’était pas dans Paris. Elle était autour de Paris et Louis XVI l’a retirée.
      Car il voulait (ou croyait) apaiser les esprits.
      Le fait est que le roi était devenu dépendant du bon vouloir de la bourgeoisie qui détenait tous les rouages de l’administration.

      Je ne dis pas qu’il n’y a pas eu d’insurrection. Je dis que même s’il n’y en avait pas eu, la Révolution aurait eu lieu quand même, du fait du pouvoir de la bourgeoisie.


  3. si seulement mao avait écouté notre bon roi!


  4. Point de vue intéressant. Une population opprimée ne semble pas se libérer d’elle même. Il faut que quelques uns de ses oppresseurs décident à un moment que cela ne peut plus durer ainsi et la libère. Je crois que c’est Gisèle Alimi qui disait cela de la libération de la femme, de manière un peu provocatrice. Il n’est pas vraiment choquant qu’une élite fasse le boulot en faisant croire que c’est la foule opprimée qui est aux commandes. Il faut juste considérer si l’état après la crise est globalement meilleur que celui avant la crise.


    • tout à fait d’accord avec vous ! Les 2 prochains articles seront consacrés à cela !


      • J’attends cela avec grande impatience car le sujet me semble tout à fait fécond.


  5. La révolution a tout de même été un évènement important sur le plan des représentations. Si on s’appuie sur la grille de classement des représentations du monde de Philippe Descola (naturalisme, animisme, totémisme, analogisme), nous sommes passés d’une représentation analogiste dans laquelle le sang bleu des nobles a un sens à une représentation naturaliste dans laquelle tous les hommes sont semblables.


  6. Très intéressant, votre article, Bénédicte. Bien sûr que cen’est pas le peuple qui a lancé la Révolution! Comment gérer quand on est illettré, et qu’on a le ventre vide?
    Les Bourgeois en avient le moyens, ils étaient les petits enfants des Lumières, par leurs parents qui les avaient instruits coûteusement grâce au commerce, dès le XVII° siècle.
    On peut ajouter qu’il y a eu des circonstances diverses qui ont provoqué le lancement de cette Révolution:
    Les caisses du Royaume était à sec, pour des raisons climatiques (sécheresses successives), il n’y avait donc plus de grain. Louis XVI avait dilapidé les caisses en faisant des travaux supplémentaires au château de Versailles et son épouse jouait beaucoup d’argent (pris dans les caisses!) dans les tripots de la Capitale. 1787, c’était dans les starting blocks.
    J’ai lu votre article, également relayé par notre ami commun Hubert qui l’a partagé sur le réseau social G+.


    • ha ! si vous êtes sur Google +, je vais vous ajouter à mes cercles !
      Merci en tout cas pour ces précisions.
      « Effectivement les bourgeois en avaient les moyens… », donc il faut tordre le cou à cette idée selon laquelle le peuple (pauvre et opprimé) se serait soulevé contre le régime.
      Autrement dit, pour changer une situation, il faut déjà avoir du pouvoir…


      • Sans être comme vous un féru d’histoire, cela me semble être une évidence, sans un minimum de pouvoir rien n’est impossible.


  7. Bonjour,

    Merci pour cet article éclairant, bien que contestable par nombre de ses raccourcis.

    La thèse que vous semblez mettre en lumière est celle de l’influence de la bourgeoisie sur la révolution. En quoi est-ce nouveau?

    Que la bourgeoisie ait joué un rôle capital dans la Révolution Française n’est un secret pour personne. C’est la persistance de l’interprétation erronée de cette influence et la description fantasmagorique des événements qui est bien plus intéressante, comme vous dites. Un peu comme s’il fallait absolument protéger le malentendu sous-jacent, de peur d’écrouler un mythe et des tabous.

    C’est quand la jonction des intérêts du peuple et de la bourgeoisie s’est opérée que les uns et les autres se sont renforcés mutuellement. Dès lors, l’influence de pouvoir de la bourgeoise est devenue Rapport de Force du peuple, par les effets de nombre et de pouvoir opérationnel (les bourgeois détenaient les clés).

    Il n’est dès lors pas anodin de constater que la notion extensive et abusive de la propriété privée ait aussitôt été inscrite dans la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen… sûrement pas le fait d’analphabètes comme vous dites.

    Question : être un bourgeois est-il condamnable ?

    Même François Mitterrand voulait les mâter, c’est dire !


    • En fait je ne cherche pas à faire le procès de la bourgeoisie.
      Je veux juste mettre fin à cette croyance répandue dans notre pays qu’il suffit de descendre dans la rue, un peu à l’image du fameux tableau de Delacroix représentant la Liberté, pour faire changer les choses.
      Si la bourgeoisie ne s’était pas soudain mise à soutenir le bas peuple, on parlerait de révoltes mais pas de révolution.

      C’est vrai que ce n’est pas un secret, mais je vous assure que dans l’opinion publique la croyance reste vivace.
      Dans l’Ancien Régime, la bourgeoisie était le seul support du pouvoir du roi comme Alexis de Tocqueville l’explique.
      A partir du moment où celle-ci se rebellait contre le roi, ce dernier n’avait plus qu’à céder. Carla noblesse n’avait plus assez de « forces ».

      Quant à la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, il faut bien voir le contexte: elle est rédigée contre le régime féodal auquel il s’agit de mettre fin.
      Lorsque plus tard, les émigrés nobles fuient la France, leurs terres seront mises en vente pour renflouer l’état.
      Et qui est-ce qui va les racheter ? Ceux qui avaient les moyens de les racheter: la bourgeoisie !


      • Nous sommes d’accord, sur le fond et l’analyse, pas sur la méthode de résolution.

        A mon avis, vous tentez de vous attaquer par la raison à quelque chose qui n’est pas du tout « raisonnable » : le mythe du bas peuple qui se révolte quand il n’en peut plus.

        La croyance dont vous parlez est par essence une nécessité dans le monde d’injustices (ressenties ou vécues pour de bon). Vous pouvez à la limite vous attaquer à l’Everest face Nord qui consisterait à remplacer cette croyance par une autre mais il faut que l’histoire soit belle… comme la guerre qui « jolie ».

        J’habite Nîmes et je peux vous garantir que j’ai pris conscience depuis quelques années de ce que veut dire « du pain et des jeux ». Certes, on peut condamner, vilipender, bref rejeter. Mais ce besoin est là, toujours, fort. C’est lui qu’il faut nourrir et transcender.

        Bien sûr, il y a ceux ou celles qui savent ce qu’il en est réellement de la révolution, dont cette conjonction historique « du bas peuple qui n’a plus rien à perdre » et de « la bourgeoisie qui sent qu’elle a tout à gagner ». Cela c’est la raison… et tout le monde s’en fiche un peu. La preuve ? Qu’apprend-on à nos enfants en primaire ?

        Quelle type d’influence cherchez-vous à propager par votre raisonnement sur cette question ? Peut-être qu’on pourrait alors vous aider à réfléchir. Ce n’est pas suffisamment explicite pour moi à ce stade.


      • Je ne cherche à propager aucun type d’influence.
        Je réfléchis sur le pouvoir réel, non officiel, sur les rapports de force qui font l’histoire.
        Je pense que l’histoire qu’on nous raconte est peut-être très belle mais elle est source d’aliénation.

        Mon blog dans l’ensemble cherche à décrypter tout ce qui nous enveloppe dans des illusions, et surtout celles que nous nous construisons pour nous-mêmes.
        Je pense notamment à la dissonance cognitive, à la violence symbolique… à l’influence du groupe sur l’individu.

        Il y a des gens sur cette planète qui cherchent à améliorer leur compréhension du monde, et aller au-delà des discours qu’on leur raconte.
        Ils ne s’en fichent pas.

        En revanche, votre commentaire apporte une idée tout à fait intéressante: il est vrai que les gens ont besoin de s’identifier à une belle histoire…
        Ils sont consentants à cette illusion.


      • Excusez-moi si je vous ai involontairement blessée.

        Mon propos était mal formulé et cherchait simplement à vous interroger sur le type d’influence que vous cherchiez à décrypter dans cette aventure nationale.

        Merci de votre réponse.


  8. bon…euh, merci beaucoup Bénédicte c’est une lecture qui m’a éclairée, même un peu, ça fait du bien. Parlons en bientôt, à la Bastille….en attendant je la partage ici.
    chaleureusement,


  9. Deux personnes vous demandent vos sources, et vous n’en citez qu’une. C’est peu… Il faudrait une analyse des strates qui s’entassent dans le ‘Tiers Etat’, divers depuis longtemps et en interaction depuis longtemps dans les ‘communautés paroissiales’ ou communales et leurs consuls, leurs péréquateurs de taxes, etc. Ensuite, il y a un milieu ‘éclairé’ de bourgeois enrichis et d’aristos modernes (Lavoisier, ministre du roy et chimiste..), qui se révoltent contre l’inertie des institutions : cfr les réunions de Vizille puis de Romans en 1788 qui en appellent (à trois ordres) à des Etats Généraux, puis l’ABANDON des privilèges par les aristos durant la séance nocturne du 4 août… Mais sans les émeutes populaires, le roi serait vivant à Varennes ! Sans la grande peur, les abbayes ne seraient pas vidées ! Etc.
    Bref votre coup de colère pour remettre le pot droit est un peu simpliste. Non, il ne suffit pas d’une émeute. Il faut souvent un homme seul et décidé (Lénine, Castro) qui fait et dit ce qu’il faut pour le peuple le suive et agisse en ce sens.
    C’est le problème de la crise financière et de la crise globale (énergie climat etc.) : les conditions ne seront pas réunies pour un tel scénario, donc on atteindra le fond.
    Un belge d’Isère…


    • Non j’en ai une autre qui est un lien vidéo, à la fin de l’article.
      Quant à l’analyse des diverses strates du Tiers Etat, je n’ai pas voulu les détailler car ce n’est pas l’objet de ce blog.
      J’essaie généralement e faire des articles assez courts et concis, sans être dans le simplisme.
      Lavoisier était un bourgeois anobli et de ce fait encore plus détesté que les nobles de naissance…
      Enfin, je ne souscris pas au mythe de l’homme providentiel, parce que personne ne fait une Révolution tout seul et parce que le « peuple » ne suit pas une personne ou un leader de manière unie. Il y a des clans qui se forment, des factions, des luttes d’influence et puis finalement on se retrouve en guerre civile très facilement.
      Et puis, je n’ai pas l’impression d’avoir fait « un coup de colère ». J’exprime simplement tout ce que la lecture de l’ouvrage de Tocqueville m’a inspiré, car de toute façon ma réflexion porte sur le pouvoir réel et je souhaite démonter les fausses représentations que l’on s’en fait.


      • Les hommes providentiels ressemblent plutôt en effet à des figures emblématiques, qui d’ailleurs vieillissent assez mal. Ils ont la capacité d’amener le merveilleux et l’émotion dans l’action politique. Mais ces éléments culturels pré-existent probablement dans le fond culturel. Leur rôle, très important, est de rendre possible l’expression de ceux-ci par le peuple qui n’a pas les capacités de les formuler et, sans verbalisation, pas de pensée..On est donc, comme le sujet du blog de B.Kibler l’indique, à la limite de la manipulation, qu’elle soit bienveillante ou malveillante. Ce n’est pas là une approche simpliste mais une approche simple, ce qui est la façon scientifiquement adéquate d’essayer de traiter une science de la complexité, la collection des faits ne pouvant pas le faire, comme en météorologie la collection des températures ne fait pas une prévision.


      • Magnifiquement dit !


  10. Vraiment très intéressant. On flirte avec la psychohistoire d’Asimov ;-)) Sur le fond, je me demande si l’effondrement de l’aristocratie n’est pas à mettre en parallèle avec une forme de tertiarisation, c’est à dire d’éloignement de l’action productive qui conduit, sous crise, à des comportements de vampirisme (version « cour » du « attaquer les autres » de Laborit (http://philo.luc.mn/2012/06/comportement-humain-tertiaire.html). Si cela est vrai, il est clair que nous sommes dans un processus similaire. Mais est-ce comparable? Dans la France 1789, la dernière singularité (imprimerie) datait un peu. Internet est très récent. Est-ce que vous pensez que c’est un fait de nature à changer le déroulement du processus?


    • Il est clair que la circulation des idées a joué un rôle dans la révolution de 1789: un rôle de dé-légitimation du système en place.
      Dans la tête des gens, la féodalité n’était plus légitime et tout le monde s’accordait pour le « réformer » à des degrés plus ou moins étendus.
      Donc oui, le processus comprend des points en communs, mais comparaison n’est pas raison.

      J’aime bien votre idée de tertiarisation. Merci pour le lien. Je vais regarder, parce que (cela fera l’objet des articles qui suivent), le modèle économique de la bourgeoisie de ce temps-là s’avérait plus « rentable » que celui de la noblesse, qui était complètement inadapté à cette époque où la première révolution industrielle en était aux prémices: les marchands, les manufactures etc…


  11. […] et les rapports de force sur le Web et ailleurs « L’influence du Qatar Les vraies causes de la Révolution de 1789 » La Révolution, c’est pour bientôt ? 8 juin […]


  12. […] sur les luttes d'influence et les rapports de force sur le Web et ailleurs « Les vraies causes de la Révolution de 1789 Notre imaginaire et la Révolution de 1789 29 juin […]


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  15. […] de la légitimité à une réalité beaucoup moi…”See on benedictekibler.wordpress.com Évaluez ceci :Share this:ShareFacebookTwitterEmailJ'aime ceci:J'aimeBe the first to like […]


  16. […] avons vu dans Les vraies causes de la Révolution de 1789 que les détenteurs du pouvoir réel ont déclenché la Révolution de 1789 parce que leur pouvoir […]


  17. […] l’article Les vraies causes de la Révolution de 1789, nous observons que la Révolution de 1789 est l’oeuvre de ceux qui détenaient le pouvoir […]


  18. Bonjour,
    Tocqueville c’est bien mais ça n’est qu’un début. Si vous en restez là vous ne saurez et n’aurez pas compris pas grand chose sur la Révolution. L’historiographie sur la Révolution c’est des centaines d’ouvrages et le rôle des paysans est loin d’avoir été passif, quand bien même ils ne savaient pas lire…Il y a bien eu une révolution paysanne en plus de la révolution bourgeoise. D’ailleurs le 4 août 1789 a été fait dans la précipitation par les bourgeois de l’Assemblée pour calmer la paysannerie et leurs révoltes qui devenait une véritable révolution dans toute la France. L’abolition des privilèges est l’acte révolutionnaire de la paysannerie.


    • Bonjour,
      Il y a eu des révoltes de paysans, des frondes, des jacqueries, des châteaux incendiés etc… Mais est-ce que cela a provoqué la Révolution, c’est-à-dire un changement de régime ? Non. Les paysans n’étaient sans doute pas passifs, mais leurs actions n’avaient pas d’effet. Pourquoi ? Parce qu’ils n’avaient pas de pouvoirs.
      Quant au 4 août 1789, vous dîtes: « L’abolition des privilèges est l’acte révolutionnaire de la paysannerie. »
      La bourgeoisie n’a pas agi sous la pression des paysans.
      Si elle n’avait pas été en conflit avec le roi, elle aurait réprimé les paysans comme elle l’avait toujours fait auparavant, pour le compte du roi. L’Ancien Régime est mort du fait qu’il n’avait plus de légitimité dans l’esprit de ceux qui en étaient le pilier, ceux qui faisaient fonctionner les rouages de l’économie et de l’administration.


  19. exact! pendant des siecles les rois de france se méfiaient des nobles car plus d’une fois ils se sont rebellés contre le pouvoir royal (voir la fronde de 1645 après la mort de louis XIII) ! Malheuresement..Louis XIV s’est trompé de traitre en « surveillant » les nobles! Il aurait du « briser » les privilèges des bourgeois, il en avait le pouvoir et l autorité!…du coup…Louis XVI aurait pu facilement faire ces réformes pour moderniser le pays en douceur en 1774…et aujourd’hui nous serions en monarchie constitutionnelle avec le roi a l’Elysée ! et…Hollande son 1er ministre !! chacun a sa place!! comme quoi le destin tient à peu de choses!!!


  20. A écouter, Marion Sigaut va dans le même sens que vous

    1789 na jamais été la révolte du Peuple :


  21. je reflechis sur le pouvoir reel


  22. […] Les privilèges y semblent acquis, (vidéo) ainsi que la durée des mandats, les salaires des élus, leurs pouvoirs…et la nouvelle constitution devrait aller bien au-delà, insistant sur le fait que l’élu ne peut qu’être au service du citoyen, appliquant à la lettre le programme qui l’a fait élire, dans une République libérée des tentations monarchiques, voire bourgeoises, en se souvenant que 1789 n’a été qu’une pitoyable manipulation menée par les bourgeois qui ont armé le peuple, afin de détrôner le Roi, et de prendre le pouvoir. lien […]


  23. Juste une petite phrase entendue de la bouche gouailleuse par excellence d’une certaine Arletty, dans une de ses rares interviews journalistique; ce fut un ravissement de l’entendre interviewé par Jacques Chancel dans son émission « Radioscopie ». Cette dernière fait à un moment donné la confidence suivante quant à l’impression de grande lucidité que perçoit le fameux journaliste au combien populaire chez l’ex-grande actrice devenue alors aveugle et le plus souvent recluse chez-elle(Lieu où justement l’interview se déroule.) Et d’avouer être en sympathie avec une citation de Céline(« Dans voyage au bout de la nuit ») qu’elle avait rencontré, en ces termes: »La vérité c’est la mort… » -Et moi j’y crois à ça! Oui… »
    La phrase de Céline dans son livre dit en son entier en fait: »La vérité de ce monde c’est la mort. Il faut choisir, mourir ou mentir. Je n’ai jamais pu me tuer moi. »
    Je rapporte cette citation, parce-qu’elle donne évidemment une vision tragique de la vérité, mais signe surtout une grande part de subjectivité et donc de vécu. Cela-dit, une chose est certaine, et là je rejoins Céline, Arletty, et plein d’autres semblables, la lucidité et mal vécue; on ne choisit pas ce que l’on est, mais une chose est certaine, nous sommes tous et toutes dans lutte pour la survie(« Struggle for life »): »Le management par la peur » ne date pas d’hier, mais il fonctionne avant tout parce-que sa non adhésion mais en péril la vie des rebelles trop faibles pour y répondre; c’est vieux comme la nuit des temps, mais c’est pas vendeur comme affirmation…cqfd


  24. J’ai posté mon texte trop vite. Pardon pour les fautes, et merci pour votre Blog.NB. Quant à Laborit, je pense surtout à son ouvrage « Eloge de la fuite », bien sur…


  25. […] démocratie, c’est l’asservissement du peuple par la bourgeoisie. Une sorte de féodalité […]


  26. En fait, certainement, une des causes principales (sans doute même la première de toutes) de cette révolution est la faillite financière du régime. D’ailleurs l’article, ni les commentaires je pense, ne le mentionne mais une des raisons de cette banqueroute est aussi le gouffre financier que fut l’appui à la guerre d’indépendance de l’Amérique (eh oui les américains devraient plus souvent se souvenir de notre aide à cette époque).
    Sinon, d’accord avec vous, l’imaginaire encore actuel voit cette révolution à travers « la liberté guidant le peuple » de Delacroix et oublie que ni les paysans ni les ouvriers n’étaient représentés dans le Tiers État.
    À noter que la droite actuelle (je n’ai rien contre) se sert encore bien souvent du très libéral Tocqueville pour nous expliquer que cette révolution n’était pas justifiée puisqu’une bonne partie des privilèges n’avaient plus cours. Pour contrebalancer un peu cette vision on peut lire aussi (ebook gratuit sur Gallica) l’historien Albert Mathiez aux origines beaucoup plus modestes (fils de paysans)


  27. La révolte ou révolution est toujours faite par des opprimés et laissés pour compte mais elle est vite récupérée par des forces organisées et puissantes.


  28. Je pense que la famine, due à des problèmes météo, fut aussi un déclencheur


  29. le bourgeois savaient lire et étaient plutôt instruits c’est eux qui ont mené la révolution car il étaient proche des sang bleu et donc très riches. les paysans et les pauvres (le peuple) ont été seulement l’instrument de la révolution et le nombre a fait la force et ainsi les nobles ont été écrasé.


  30. Je suis d’accord avec vous, mais plusieurs choses m’échappent encore. D’après vous, pourquoi le roi, par ses gardes ou son armée, n’a-t-il pas fait arrêter les quelques bourgeois rebelles du tiers-état lorsqu’ils en avaient encore les moyens ? Je pense notamment lors de la Séance royale du 23 juin 1789. Aussi, pourquoi l’armée ne l’a-t-elle pas défendu quand la situation commençait à tourner mal pour lui ?


    • Le 23 juin 1789 a été une date cruciale.
      Le problème est qu’il ne s’agissait pas de « quelques bourgeois rebelles », mais bien du plus grand nombre.
      Et justement, dans l’évaluation des rapports de force en présence, il faut savoir que :
      – la bourgeoisie détenait tous les leviers du pouvoir dans son exercice au quotidien : actes administratifs, gestion de l’Etat, jugements de justice, maintien de l’ordre etc… C’est la bourgeoisie qui s’en occupait.
      – pour l’Armée, les roturiers pouvaient accéder à des postes d’officiers depuis Louis XIV, et Louis XVI, qui trouvait que les bourgeois avaient trop de pouvoirs, avait essayé quelques temps auparavant de redonner la primauté aux aristocrates pour les postes de commandement de l’Armée et d’évincer les roturiers.

      Concernant votre 2e question, les nobles qui faisaient partie des cadres de l’armée ont émigré très tôt (avant le 14 juillet) à l’étranger. Donc le roi a été abandonné, mais ils pensaient remonter leur armée depuis l’étranger pour sauver le roi et la monarchie. Certains nobles étaient favorables à une monarchie constitutionnelle qui leur aurait redonné, à eux les nobles (dont Louis XIV se méfiait) plus de pouvoirs (c’est du moins ce qu’ils espéraient, mais les bourgeois n’en auraient pas voulu).

      Donc lorsque l’Autriche lance son armée contre la France, ils pensent tous que l’armée française va être vaincue facilement car il n’y a plus d’officiers (ils ont tous émigré). Donc ils vont sauver le roi et le rétablir sur son trône. Côté français, on est vraiment désespéré et on recrute n’importe qui parce qu’on manque d’officier. Et c’est ainsi qu’un obscur Bonaparte va se retrouver à la tête d’un petit bataillon… La suite, on la connait. Les va-nu-pieds sans expérience militaire et sans officiers vont gagner les batailles, contre toute attente…


      • Merci pour vos réponses intéressantes. Mais permettez moi de vous reposer d’autres questions pour éclairer ma lanterne.
        Tout d’abord, après quelques recherches sur le net, je vois que l’assemblée constituante de 1789 était constituée de 291
        députés du clergé, 270 de la noblesse, et 584 du Tiers. Si on additionne le clerc et la noblesse cela nous donne 561 contre 584, soit seulement 23 de plus pour le Tiers. Le rapport de force dans l’assemblée est donc plutôt équitable.
        -Pourquoi ne pas avoir dans ce cas ordonné aux gardes l’arrestation des députés du Tiers les plus dangereux ? Versailles n’était quand même pas à la merci de 584 anarchistes non ?
        -Ensuite, je peux comprendre que la bourgeoisie s’est enrichi grâce au développement du commerce etc, en revanche ce que
        je ne comprends pas, c’est qu’elle se fût retrouvée au commande de l’administration du royaume ! Par quoi ? Par l’anoblissement ?
        -Pour terminer, au lieu de répondre aux rébellions, pourquoi les nobles de l’armée ont-ils préféré émigré ? Pourquoi les roturiers,
        eux, n’ont-ils eu aucune reconnaissance envers la royauté ? A part les Vendéens, plus personne n’avait-il donc pour vertu la loyauté dans ce royaume ? La majorité s’en foutait-elle de Sa Majesté ? Franchement je reste sans voix devant un peuple si impertinent et infidèle !


      • Alors, pour la première question : en 1789, les membres de l’assemblée constituante veulent réformer la Constitution pour que la France devienne une Monarchie constitutionnelle. Le roi est encore respecté en ce moment. vous dîtes que le rapport de force est équitable ? Alors que le Tiers Etat représente au moins 90% de la population ? Il n’est représenté qu’à un peu plus de 50 % dans cette assemblée. On ne peut pas dire que c’est équitable. Mais ce pourcentage est le fruit d’une avancée, puisque le Tiers Etat passe de 1/3 à plus de 50%. Ce qui est un progrès.

        Votre 2e question : s’ils avaient arrêté des membres de la Cosntituante, cela aurait été un très mauvais signe pour toute la bourgeoisie.
        Votre 3e question : je vous conseille de lire le livre d’Alexis de Tocqueville qui détaille la progressive « prise de pouvoir » par la bourgeoisie. Par exemple, quand un paysan sortait de la pauvreté, son premier réflexe était d’acheter des terrains, pour devenir propriétaire. Ensuite, il allait s’installer en ville et payait des cours à ses enfants pour que ces derniers apprennent à lire et à écrire. Une fois cet objectif atteint, il achetait une « charge ». C’est-à-dire que les fonctionnaires n’étaient pas payés pour les charges administratives, mais ils étaient exonérés d’impôt. Donc pour être exonéré d’impôt, les personnes enrichies achetaient une « charge » ce qui leur donnait l’obligation de gérer l’administration mais les exonérait d’impôt. C’était donc intéressant pour les paysans enrichis / bourgeois de devenir des fonctionnaires. Ensuite, quand ils devenaient fonctionnaires, cela pouvait consister à s’occuper des litiges de justice, de différentes tâches sur le cadastre etc… Ce faisant, ils étaient informés des achats et ventes entre bourgeois, de leurs projets de manufacture, de commerce etc… Au fil des siècles ils ont acquis des pouvoirs réels sur les finances de l’Etat, les finances de l’armée etc. µTout cela avec la bénédiction du roi qui se méfiait des aristocrates.

        Votre dernière question : la défiance envers le roi a mis plusieurs années à s’installer chez les roturiers. Le roi était tiraillé en 2 tendances incompatibles. Les nobles ont émigré car ils étaient partisans de la monarchie absolue et voulaient plus de fermeté, ce que le roi refusait car il voulait ménager la bourgeoisie. En émigrant, ils voulaient reconstituer une armée solide à l’étranger pour mater le peuple et espéraient qu’ils allaient l’écraser.

        Non au début, les gens aimaient le roi et ils le respectaient. ensuite, son attitude a suscité la déception et l’impression de trahison.



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