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La Révolution, c’est pour bientôt ?

8 juin 2012

le paysan écrasé par le clergé et la noblesse

Insurrections, révoltes, émeutes, révolutions… Ces mots sont dans les consciences et dans les esprits. D’après de nombreux observateurs, nous serions en 1788, à la veille d’une grande révolution. Certains l’appellent de leurs vœux. D’autres la craignent.

Comparons les deux périodes: l’Ancien Régime et aujourd’hui. Et voyons s’il y a des points en communs. Les extraits suivants sont tirés de l’ouvrage « L’ancien Régime et la Révolution » d’Alexis de Tocqueville, paru en 1856.

Déficit budgétaire :

« L’effort que faisait le gouvernement pour développer la prospérité publique, les secours et les encouragements qu’il distribuait, les travaux publics qu’il faisait exécuter augmentaient chaque jour les dépenses sans accroitre dans la même proportion les recettes. »

Millefeuille administratif :

« La France est couverte de corps administratifs ou de fonctionnaires isolés qui ne dépendent pas les uns des autres. Souvent leurs attributions sont si entremêlées et si contigües qu’ils se pressent ou s’entrechoquent dans le cercle des mêmes affaires. »

Inflation législative :

« Les nouvelles règles (lois) se succèdent avec une rapidité si singulière que les agents, à force d’être commandés, ont souvent peine à démêler comment il faut obéir. Des officiers municipaux se plaignent au contrôleur général : “La variation des seuls règlements de finance est telle, qu’elle ne permet pas à un officier municipal de faire autre chose qu’étudier les nouveaux règlements, à mesure qu’ils paraissent.” Lors même que la loi n’était pas changée, la manière de l’appliquer variait tous les jours.»

Impuissance de l’état :

Enormément d’arrêts du conseil ont été rendus mais non exécutés. « On voit par les lettres des contrôleurs généraux et des intendants que le gouvernement permet sans cesse de faire par exception autrement qu’il n’ordonne. »

Pression fiscale accrue, rentrées fiscales limitées :

« En 1751, le receveur des tailles (impôts) écrit: « Les frais exigés des paysans pour le rétablissement des chemins les mettront bientôt hors d’état de payer leur taille (impôt). » » Autrement dit, quand les paysans passent trop de temps à réparer les routes (la corvée), ils ont moins de temps à consacrer à leurs cultures, ce qui diminue les rentrées fiscales.

Le doute chez les créanciers de l’état :

« Comme le roi laissait sans cesse ses créanciers en souffrance. Ses créanciers n’étaient jamais sûrs de toucher leur rente. »

Exemptions et niches fiscales de toutes sortes :

« Du moment où l’impôt avait pour objet, non d’atteindre les plus capables de les payer, mais les plus incapables de s’en défendre, on épargnait le riche et on chargeait le pauvre. »
« Dès qu’un bourgeois possédait un petit capital, au lieu de l’employer dans le négoce, il s’en servait pour acheter à son fils une place.» Les places ou offices étaient des fonctions administratives que l’état vendait et qui permettaient à leurs acquéreurs d’être exemptés d’impôts…

Les ressemblances sont troublantes. Cependant, comparaison n’est pas raison… Il faudrait savoir si les points évoqués ci-dessus sont vraiment la cause des évènements de 1789.
Lire la suite: Les vraies causes de la Révolution de 1789

Cet article s’inscrit dans une réflexion sur le pouvoir dans sa réalité et non dans sa représentation: le pouvoir réel, effectif par opposition au pouvoir officiel.
J’ai écrit quelques articles sur ce thème:
Influence et pouvoir: la bombe humaine
Les révolutions silencieuses

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6 commentaires

  1. Effectivement les points de ressemblances avec notre situation actuelle sont nombreux…De là à penser que nous sommes dans une monarchie qui s’ignore…Mais l’article suivant va nous permettre sans doute de démêler le bon grain de l’ivraie..


    • oui tout à fait !
      Je m’efforce de faire des articles concis.
      Dans le prochain article, je transmets les enseignements d’Alexis de Tocqueville sur le pouvoir et les luttes de pouvoir qui ont conduit à la Révolution.


      • Dans mon dernier article, je parle de cette fameuse croissance qui serait vue comme une panacée pour l’UE. Je ne sais si ce genre de faux remède conduira à une révolution, mais à force de toujours appuyer sur la tête des gens on finit par les rendre fous…


  2. Un trouvaille en effet, mais comparaison n’est pas raison. Il faudrait pouvoir comparer quantitativement. Rien ne change vraiment et la TIPP remplace la gabelle. Les causes de la crise actuelle sont différentes et correspondent plutôt à un changement de modèle dont nous vivons, heureusement encore pacifiquement, les soubressaults…


  3. […] sur les luttes d'influence et les rapports de force sur le Web et ailleurs « La Révolution, c’est pour bientôt ? Les vraies causes de la Révolution de 1789 18 juin […]


  4. c est exactement ce que nous vivons aujourd hui il faut que l on se reveille car bientot l on pourra plus rien faire je suis un retraite en colere nous allons devenir des sdf plus ca va moins nous avons de pouvoir d achat nous ne pouvons plus supporter cette facon de nous etouffer reveillons nous francais il y en a marre de cet etat de gauche jlp la france est une grande nation et ne se laissera pas faire le peuple va desendre dans la rue



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