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Influence culturelle: les évolutions

16 janvier 2011

Influence culturelle: les répercutions politiques
2/3: La bataille de l’influence bat son plein. Ceux qui la perdent ont devant eux de funestes perspectives: face à des offensives médiatiques de dénigrement, leur déficit d’image constitue un handicap notable. Face à des agressions militaires, la couverture médiatique est insuffisante pour informer et mobiliser l’opinion publique mondiale.

Influence internationale et domination symbolique

Le pays qui exerce son influence sur les autres est celui dont la parole est la plus écoutée. En matière de violence symbolique, le dominant est celui qui perçoit et impose son point de vue au dominé comme étant logique et allant de soi. Le dominé est celui qui est perçu.

A titre d’exemple, évidemment les médias américains exercent une énorme influence sur les médias du monde entier. Lorsque des tensions géopolitiques se font jour, ceux qui s’opposent aux USA sont considérés comme des « menaces pour la sécurité du monde », les USA et leurs médias soi-disant libres présupposant de manière implicite qu’ils sont les seuls garants de la sécurité du monde, alors qu’en réalité, ils provoquent sciemment des guerres dans le but de protéger ce qu’ils considèrent comme leurs intérêts.

L’influence culturelle: des répercussions très concrètes !

Ils sont nombreux à avoir subi des campagnes de dénigrement de la part des médias américains. Ce fut le cas du Japon à la fin des années 80 à qui les Américains reprochaient d’être protectionniste. Il faut toujours un bouc émissaire, un « méchant » dans la logique du story telling pratiqué par les Américains. En 2003, la France fut démunie face au déferlement médiatique américain anti-français, lorsqu’elle tenta d’empêcher l’invasion irakienne.

Le cas du Pakistan est plus terrible encore. Lorsqu’il fut touché par des inondations meurtrières, son image internationale était si mauvaise (soutien aux Talibans, double jeu des services pakistanais etc…) qu’il n’a reçu qu’une piètre assistance. Les médias en ont très peu parlé. C’est cruel et injuste pour le peuple pakistanais qui n’est pour rien dans les jeux sordides de la géopolitique.

Vers une redistribution des cartes de l’influence internationale ?

Depuis l’invasion irakienne en 2003, les USA ont perdu de leur capital image, si bien que leur influence a diminué. Les mensonges de George W Bush ont largement entamé la crédibilité des USA. Il y a perte de confiance et perte de légitimité. L’élection de Barack Obama a suscité de grands espoirs, bientôt déçus. Pourtant le système médiatique et culturel américain a encore la capacité de stigmatiser, au sein des opinions mondiales, quelques nations récalcitrantes.

Autre exemple, Israël, qui bénéficiait jusqu’en janvier 2009 d’une image de victime, a perdu une partie de son capital image en commettant des crimes de guerre dans la bande de Gaza, choquant ainsi une bonne partie de l’opinion internationale occidentale. Lorsque le capital-image ne correspond plus à la réalité, il y a dissonance cognitive: tout d’abord, une certaine incrédulité, puis un inconfort psychologique au sein de l’opinion internationale. Il faut un certain temps pour que l’opinion publique internationale n’entérine complètement l’image du bourreau. Il y a une certaine inertie qui bénéficie au capital-image acquis. Le capital-image évolue toujours plus lentement que la réalité. Le décalage est d’autant plus grand que le complexe médiatico-culturel est puissant.

Autrefois les victoires militaires donnaient les moyens aux vainqueurs de refaire l’histoire à leur convenance. Leur supériorité militaire leur accordait la maîtrise des médias et des productions culturelles. Ce n’est plus le cas aujourd’hui, depuis l’émergence d’Internet. Contrairement à ce que pensait Staline, le nombre de divisions blindées (missiles et autres armements) n’est plus le seul critère à prendre en compte dans l’évaluation des rapports de force en présence lors d’un conflit.

Lire aussi:
(1/3) L’industrie culturelle, outil d’influence géopolitique
(3/3) La course mondiale pour l’influence
Georg Clooney se sert des médias pour empêcher une guerre
Le mécanisme de la perte d’influence

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2 commentaires

  1. […] de force sur le Web et ailleurs « Edition: du marketing à l’influence (2/2) Influence culturelle: les évolutions » Industrie culturelle et influence géopolitique 6 janvier […]


  2. […] sur les luttes d'influence et les rapports de force sur le Web et ailleurs « Influence culturelle: les évolutions La course mondiale pour l’influence 29 janvier […]



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