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Comment une thèse discréditée conserve son influence

25 février 2010

Débarquement en Normandie 6 juin 44

Héros d'un jour, héros toujours

L’enquête officielle sur les attentats du 11 septembre a été discréditée mais une grande partie de l’opinion américaine y est favorable. Face à tant d’irrationalité, il est légitime de se demander comment un traumatisme façonne les esprits.

La dissonance cognitive, une réaction irrationnelle

L’enquête officielle est discréditée, mais rien n’y fait ! « Comment osez-vous vous moquer des victimes du 11 septembre ! » est une réaction fréquente à la quelle les défenseurs des théories conspirationnistes doivent faire face.

On se souvient des mésaventures de Marion Cotillard, contrainte de s’excuser pour avoir osé faire part de ses doutes… Tout cela laisse perplexe. Pour comprendre ces réactions, il faut garder à l’esprit les croyances fortement ancrées chez la plupart des citoyens américains.

Quand une croyance collective est ébranlée

Dans leur vision du monde, les Pères Fondateurs de la Démocratie Américaine font figure de Grands Sages de la Nation. La Constitution et les Institutions Américaines garantissent les droits des citoyens américains. Dire que des gens cyniques, au cœur du système, aient pu sacrifier des citoyens américains innocents, et ce, en toute impunité, c’est faire offense aux Institutions qui gouvernent la Nation et qui défendent la Justice.

Pour eux, si les Institutions étaient faillibles et imparfaites, plus rien n’aurait de sens. D’autres pensent que les Institutions rendent impossible une conspiration d’une telle ampleur. Les Américains se perçoivent comme des héros. Ils se sentent insultés lorsqu’on leur dit qu’ils sont des victimes qui se font berner et manipuler par des gens cyniques. Ils passent du statut de héros à celui de victimes. C’est pour eux une négation de la Grandeur du Peuple Américain. Voilà pourquoi ces réactions radicales sont si nombreuses.

Prendre un schéma connu, c’est plus rassurant !

Le schéma de la seconde guerre mondiale est le plus tentant. Les méchants sont à l’extérieur, ils haïssent les Etats-Unis qui pourtant ne leur ont rien fait de mal et l’attaquent sans même prévenir comme au temps de Pearl Harbor.

La guerre s’étant terminée par une éclatante victoire, cette vision du monde est rassurante. On est typiquement dans un cas de dissonance cognitive, lorsque les membres d’une secte se cramponnent à leurs croyances alors même qu’elles sont démenties par les faits. (Festinger, 1957)

Lorsque leurs croyances sont ébranlées par un événement traumatisant, les gens ont besoin de certitudes. Le doute, c’est l’ennemi numéro 1. Alors tant pis pour la vérité…

Autres exemples de dissonance cognitive :
Swann, un bel exemple de dissonance cognitive
L’influence des théories conspirationnistes : pourquoi ça marche ?
Le rêve américain, dissonance cognitive et violence symbolique
Lire aussi : Influence et dissonance cognitive : comment ça marche ?
La confiance, ciment de l’économie et toute vie sociale

8 commentaires

  1. […] et ailleurs « L’influence des théories de la conspiration : pourquoi ça marche ? Comment une thèse discréditée conserve son influence » Influence et dissonance cognitive : comment ça marche ? 22 février 2010 La […]


  2. […] aussi: Comment une thèse discréditée conserve son influence Influence et dissonance cognitive : comment ça marche […]


  3. […] ? Toujours est-il que les partisans de la théorie du complot ont sérieusement semé le discrédit sur l’enquête officielle, et ont gagné en influence. Le citoyen lambda sait désormais qu’il y a matière à […]


  4. C’est étonnant mais j’aurais tendance à croire que la dissonance cognitive était plutôt du côté des gens qui continuent de croire que c’est le gouvernement américain qui a organisé les attentats du 11 Septembre… Oussama Ben Laden étant connu depuis le milieu des années 1990, ayant menacé les États-Unis à plusieurs reprises et surtout revendiqué les attentats du 11 Septembre (comme son compère Ayman al-Zawahiri), il me semble que cela ressemble à une forte dissonance de croire que ces faits ne sont pas conformes à la réalité de l’histoire…


    • Oui, c’est vrai. Je décris ce phénomène dans l’article que j’ai publié le 20 février dernier. Je tente d’y expliquer pourquoi les théories conspirationnistes ont tant d’influence dans l’opinion: il s’agit aussi d’une dissonance cognitive. Je n’entre pas dans le débat, je constate simplement que chez les conspirationnistes, comme chez ceux qui défendent la thèse officielle, il y a dissonance cognitive. Je vous invite à lire cet article.


      • Merci, article très intéressant…


  5. […] Reconnaissance collectiveConfiance collective Le groupe donne sa confiance à ceux qui correspondent à ses critères et représentations imaginaires. La confiance collective va à ceux qui confortent le groupe dans ses croyances et ses critères. Pour en savoir plus: Influence et croyances collectives Voir aussi les articles sur la dissonnance cognitive: L’influence des théories de la conspiration, pourquoi ça marche ? Influence et dissonance cognitive, comment ça marche ? Comment une thèse discréditée conserve son influence […]


  6. […] américain, dissonance cognitive et violence symbolique Le mécanisme de la perte d’influence Comment une thèse discréditée conserve son influence L’influence des théories de la conspiration, pourquoi ça […]



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