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La réalité concrète d’un système d’influence

26 mars 2012

Le camouflage du serpent
Je m’intéresse aujourd’hui à la réalité concrète des systèmes d’influence tels qu’ils se manifestent à nous, dans notre quotidien… Ce sont des pouvoirs informels qui agissent en profitant de la complexité des situations dont seuls les experts peuvent saisir les enjeux.

Le système d’influence à son apogée

Un système d’influence qui fonctionne efficacement est peu visible. On n’en prend conscience qu’au moment d’un dysfonctionnement, lorsqu’un grain de sable dérègle le mécanisme.

Dans le secteur de la santé, le documentaire sur l’aluminium contenu dans notre alimentation et dans les vaccins illustre à merveille l’emprise de l’industrie sur les instances administratives et politiques.

Dans ce documentaire, des scientifiques reconnus (professeurs des hôpitaux, chercheurs de l’Institut Pasteur…), ayant toute l’autorité nécessaire pour être entendus, tentent en vain d’alerter les pouvoirs publics contre des dangers sanitaires: ils sont face à un mur invisible d’inerties et de silences…

On lit sur leurs visages une totale incompréhension du système perverti dans lequel nous vivons. Un pouvoir informel qui n’est pas dissimulé, s’exerce en toute légalité mais sans éthique.

Quand le système d’influence est affaibli…

Seul un basculement dans le rapport de force économique peut affaiblir un système d’influence. C’est une rupture technologique, économique ou concurrentielle.

Exemple de rupture technologique : le déclin du nucléaire déstabilisé par l’émergence de nouvelles technologies qui vont devenir de moins en moins chères alors que les coûts du nucléaire inévitablement vont augmenter.
Lire à ce sujet: Quand un système d’influence disparait

Exemple de rupture économique : l’industrie pharmaceutique face à la falaise des brevets et à d’autres défis.
Lire : Le cycle de vie d’un système d’influence

Un scandale qui éclate est le signe de la faiblesse du système d’influence, car ce scandale n’a pas pu être étouffé. Le scandale du Médiator a éclaté parce que certaines sociétés (pas plus vertueuses que Servier) ont été plus futées et parce qu’elles sont moins fragiles. Autrement dit, le système d’influence élaboré par Servier est démonté par ses concurrents devenus plus puissants.
Lire : Système d’influence : la guerre contre Servier

Qui le défend ?

Face à l’opinion publique choquée, les décideurs politiques et administratifs, les médias mainstream s’efforcent de renforcer le système d’influence. Pourquoi ? Parce qu’ils en sont devenus dépendants. Voici comment ils procèdent:

  • Minimisation de la corruption du système :
    Servier est un délinquant pharmaceutique mais il n’est pas le seul… Pourtant on se garde bien de dénoncer les autres… Le scandale du Médiator révèle les turpitudes de tout un système. Mais on fait semblant de croire qu’il ne s’agirait que d’un simple dysfonctionnement et qu’il suffirait de réformer le système pour que cela ne se reproduise plus…
  • Fausses réformes :
    En décembre 2011, la réforme du contrôle du médicament a été votée. Mais les liens d’intérêt avec les laboratoires (qui sont le cœur du problème…) restent légaux et les victimes de médicaments nocifs ne peuvent toujours pas mener d’actions de groupe. Quant au projet de loi sur la déontologie et la prévention des conflits d’intérêts présenté en Conseil des ministres en juillet 2011, il a été purement et simplement abandonné…
    Voir La réforme du médicament adoptée

Un système d’influence coûte cher à entretenir: financement des partis politiques, lobbying, marketing d’influence, maîtrise des médias. Que se passe-t-il lorsque les marges diminuent ? Quels sont, d’après vous, les scénarios possibles?

Pour étayer notre réflexion: Les laboratoires Merck et les valises de Biftons
Un article qui constate la méfiance croissante des Français vis-à-vis des vaccins
Les Français aiment les médicaments mais pas les laboratoires…
Un témoignage édifiant sur les vaccins obligatoires et forcés

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Systèmes d’influence: la guerre contre Servier

19 février 2012

Le scandale du Médiator, quand des systèmes d’influence se font la guerre...

Dans l’industrie pharmaceutique, le scandale du Médiator révèle le système d’influence des Laboratoires Servier mais aussi celui de ses concurrents… C’est un règlement de compte à OK Corral…

Le système d’influence de l’industrie pharmaceutique

  • La légitimité :
    Elle provient de l’expertise acquise en pharmacologie et leur donne un pouvoir d’influence considérable.
  • Un lobbying puissant :
    Financement des campagnes électorales (1), fréquentation des politiciens (y compris les ministres de la santé) (2), liens d’intérêt avec les membres de la commission chargée d’autoriser la mise sur le marché
  • Communication d’influence :
    Maîtrise des médias : toute la presse médicale (sauf la revue « Prescrire ») dépend financièrement des laboratoires pharmaceutiques, financement d’une grande partie de la formation médicale continue, mainmise sur l’édition (3)
    Pour plus de détails, voir: Qu’est-ce qu’un système d’influence ?

De la guerre feutrée à la guerre médiatique

Le Médiator, mis au point par les laboratoires Servier serait responsable de la mort de 500 à 2000 personnes. Les concurrents de Servier sont GSK (GlaxoSmithKline) et Sanofi-Aventis. Aux Etats-Unis GSK est poursuivi pour avoir causé la mort de 83000 personnes et a dû retirer son produit l’Avandia.

En France, le médecin qui a dénoncé les dangers du Médiator a des liens d’intérêt avec GSK, concurrent de Servier, et, sur les 11 députés de la mission d’enquête parlementaire sur le Médiator, 8 sont membres du club financé par GSK, le Club Hippocrate. Est-ce la raison pour laquelle on parle très peu du scandale Avandia ?
Voir l’article de France 24

Ce que ce scandale révèle sur les systèmes d’influence

  • Détention de l’expertise et faiblesse de l’Etat :
    Les laboratoires pharmaceutiques sont les détenteurs oligopolistiques de l’expertise de leur secteur. La sphère publique est devenue, par manque de moyens, complètement dépendante de leurs avis.
  • Un système d’influence ne peut être démantelé que par un autre qui possède un niveau équivalent d’expertise. Le scandale du Médiator n’aurait pas pu éclater sans « l’intervention » de ses concurrents, car ni les experts médicaux de l’administration publique, ni les parlementaires n’ont l’expertise suffisante pour contrer les rapports biaisés que leur fournit l’industrie pharmaceutique.

C’est un constat accablant. On peut se demander qui a organisé cette faiblesse de l’Etat et à qui elle profite… Dans le prochain article, je prends à nouveau l’exemple de l’industrie pharmaceutique pour analyser les cycles de vie d’un système d’influence et la différence entre pouvoir et influence.

(1) campagne législative de Philippe Douste-Blazy en 1993 soutenue par les laboratoires Pierre Fabre
(2) les Universités d’été de Lourmarin, le Club Hippocrate réunissant une centaine de députés et sénateurs (financé par les laboratoires GSK).
(3) en 2004, les Editions du Rocher éditaient un témoignage édifiant, « Le livre noir de l’hépatite B » de Lucienne Foucras. En 2005, ces mêmes éditions furent rachetées par le laboratoire Pierre Fabre, associé à BioMérieux, du groupe Sanofi-Aventis-Pasteur Mérieux, premier fabricant de vaccins du monde. Actuellement cet ouvrage n’est plus édité.

Pour en savoir plus:
La grande générosité de Servier envers un expert
Un ancien responsable du médicament a été grassement rémunéré par Servier
Sanofi, GSK, Servier:guerre des labos sur fond de Médiator !
Ces élus qui se font subventionner par les firmes pharmaceutiques
Comment Servier a corrigé le rapport du Sénat

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